// Perte de sens
Publié le 1 octobre 2026
// En bref
En 2023, j'ai vendu mon cabinet d'expertise comptable alors que tout allait bien : des clients, du chiffre, une vie confortable. Il ne manquait qu'une chose, le sens. J'ai cherché un second souffle, je ne l'ai pas trouvé, alors j'ai lâché prise. Trois ans plus tard, je gagne moins. Mais j'ai vécu énormément de choses, et j'ai découvert ce que j'aime vraiment faire : accompagner des gens.
En 2023, j'ai décidé de vendre mon cabinet d'expertise comptable. Et pourtant, tout roulait.
J'avais la boîte depuis 7 ans, j'étais cofondateur. La société était prospère, on avait plein de clients, on gagnait de l'argent, je vivais bien. Franchement, sur le papier, j'avais vraiment tout ce qu'il fallait pour être heureux.
// Sur le papier
Mais au fond de moi, je n'étais plus heureux du tout.
// Le vide
Quand j'ai créé la boîte, mon sens, c'était de tout faire péter et de devenir le numéro 1 de la comptabilité pour les infirmières. Et j'ai réussi. Avec beaucoup de travail, beaucoup de patience et beaucoup d'énergie, on a eu plein de clients. Franchement, c'était trop bien.
Mais une fois arrivé là, c'était fait. Et j'allais tous les matins au bureau en traînant mon spleen. Je m'enfermais dans quelque chose qui ne me convenait plus.
La boîte était lancée, elle tournait. Elle ronronnait. Plus de projet, plus rien de nouveau. Et les petites nouveautés qu'il y avait encore ne m'intéressaient plus.
// Le tiraillement
À ce moment-là, j'ai été tiraillé. Est-ce que je reste parce que je m'accroche ? Après tout, c'est moi qui l'ai créée, cette boîte.
Et autour de toi, tout le monde te dit : "attends frérot, réfléchis bien. Tu l'as montée de zéro, elle tourne bien, tu es ultra confortable. Ça se réfléchit à deux fois."
Alors tu te fais des nœuds au cerveau. Tu cherches des solutions. J'en ai cherché. Je n'en ai pas trouvé. Je n'ai pas réussi à trouver de second souffle, de nouvelle énergie pour retrousser les manches et me dire "allez, on continue".
Dès le moment où ça n'a plus de sens, pour moi ça devient compliqué. J'ai besoin d'avoir du sens dans ce que je fais tous les jours.
Alors je décide de vendre. Été 2023, je me jette à l'eau, sans savoir exactement ce que je vais faire après. Parce que si je restais là, oui, j'aurais gagné ma vie. Mais je n'aurais pas été heureux.
// Soyons honnêtes
Pour moi, à l'époque, c'était sauter dans le vide. Vu mes croyances et mon état d'esprit, c'était complètement déconnant. Et pendant un moment, j'ai eu du mal : je me disais "putain, t'as peut-être fait une connerie".
Mais objectivement, j'avais un filet : je venais de vendre une boîte. Tu vas me dire "c'est facile pour toi, Matthieu". Tu as raison. Et c'est exactement pour ça que je répète aux soignants de construire leur filet avant de sauter. Lâcher prise, oui. Lâcher prise sans rien en dessous, non.
// Trois ans après
On est en octobre 2026, et je m'en rends compte en le disant : ça fait plus de trois ans. À un moment, j'ai arrêté de ruminer et j'ai avancé.
Oui, je ne suis plus dans la boîte. Oui, je gagne beaucoup moins qu'avant, c'est une évidence. En revanche, j'ai expérimenté énormément de choses.
Je cofonde le cabinet.
Je le vends, sans savoir ce que je vais faire.
Ma fille. Une nouvelle boîte, montée puis revendue. Le Mexique, et un petit investissement immobilier là-bas. Puis le Vietnam.
Da Nang, et un métier que je n'avais pas vu venir : accompagner.
Ma fille, j'aurais pu l'avoir en restant dans mon job, bien sûr. Mais tout le reste a été possible pour deux raisons. Parce que j'avais pris le risque de monter cette boîte au départ. Et parce qu'à un moment, quand je n'y étais plus bien, j'ai lâché prise. Ça a été dur, j'ai mis du temps. Mais en lâchant prise, je me suis ouvert les yeux, et j'ai vu que je pouvais faire autre chose.
Si tu veux l'autre versant de cette histoire, le risque et le Mexique, je le raconte dans la vie plan-plan.
// Le lâcher prise
Quand tu gagnes bien ta vie mais que ça n'a plus de sens, tu te dis "ouais, je vais tout vendre". Mais pour faire quoi ? En vrai, tu n'en sais rien.
Ça peut paraître un peu perché, mais tu te laisses guider. La vie va t'emmener quelque part. À une condition : bouger.
Si tu restes dans ton canapé à manger des chips, il ne se passera rien. Si tu bouges, si tu essaies, la vie va te montrer un chemin, et tu vas pouvoir te réinventer.
// La découverte
Le business que je monte juste après, je le garde dans le même monde : les infirmières. Et c'est rigolo, parce que je le revends aussi à un infirmier, Stéphane. Aujourd'hui, je l'accompagne. Je me retrouve dans un job de coach, de mentor, appelle ça comme tu veux, on s'en fout.
Un job que je faisais déjà sans le savoir. Chez Compta IDEL, quand j'ai recruté un collaborateur pour m'épauler sur le business (il porte d'ailleurs le même prénom que moi), j'ai commencé à lui transmettre ma méthode de vente. Mais je ne suis pas allé plus loin.
Avec Stéphane, c'est un vrai accompagnement. Pour faire croître son business, oui. Mais ce qui m'éclate le plus, c'est de l'accompagner au quotidien dans ses réflexions. En 6 mois, il a changé son état d'esprit et fait sauter des plafonds qu'il pensait incassables, ou qu'il ne voyait même pas. Aujourd'hui il les dépasse, et il va vite. Son histoire est ici : 27 233 € en 6 mois sans arrêter de soigner.
Et en fait, c'est ça que j'aime le plus. Ce que j'ai toujours aimé : aider un humain.
Quand j'avais mon cabinet, avec mes clientes au téléphone, il se passait tout de suite quelque chose. Je donnais mon max pour les aider sur la compta, évidemment, c'était le métier. Mais je me souviens de clientes avec qui je parlais de plein de choses de leur vie, pour essayer de les guider. Sauf que ce n'était pas le bon format : j'étais là pour leur vendre un service de compta.
Si je n'avais pas quitté ce domaine, dans lequel je me suis pourtant éclaté pendant 7 ans, je ne me serais jamais rendu compte de cette capacité. Et je ne l'aurais pas développée. Ça aurait été bien dommage.
// Le bilan
Si on regarde uniquement l'aspect financier, cette histoire n'est pas rentable pour moi. C'est une évidence.
Mais est-ce qu'il n'y a vraiment que l'argent qui compte ? Je n'en suis pas sûr.
Si tu n'es plus bien dans ton job, peut-être qu'il existe une autre voie, une manière de te réinventer. Et pour ça, à un moment donné, il faut savoir lâcher prise. Si tu y arrives, la vie va t'apporter un nouveau chemin, une nouvelle aventure, et surtout, du sens.
// Ça te parle ?
Si ça résonne en toi, si ça fait écho, envoie-moi un message et on en discute. On regarde où tu en es, et ce que tu pourrais construire.
On en parle// FAQ
D'abord, essaie vraiment de le retrouver : un nouveau projet, un nouveau défi dans ton job. Moi, j'ai cherché longtemps. Si rien ne revient, il faudra un jour lâcher prise. Mais construis-toi un filet avant.
Pas forcément du jour au lendemain. Tu peux construire une activité à côté, pendant que tu exerces encore, et faire une transition en douceur quand elle est solide.
Oui. Je suis resté dans le monde des infirmières. J'ai changé de rôle, pas d'univers : de prestataire comptable, je suis passé à accompagnant. Parfois, le sens est dans le format, pas dans le secteur.
Dans mon cas, oui, clairement. Financièrement, ce n'est pas rentable. Mais j'ai vécu énormément de choses et découvert ce que j'aime faire. À toi de voir ce qui compte pour toi.
Souvent, tu ne le sais pas au départ. Moi non plus. Ce qui compte, c'est de bouger et de tester. En restant immobile, rien ne se passe. En avançant, un chemin finit par apparaître.